samedi 23 février 2013


La Hحennaya

La ciseleuse est là. Elle œuvre sa crème mousseline avec lmeroued dl’kحoul (le petit bâtonnet très fin d’à peine 4 ou 5cm qui sert à souligner les yeux ou plutôt à les enduire de poudre de khôl). La crème verdâtre est obtenue à base d’une mixture de poudres multiples : حenna, boutons de rose, clous de girofle, *pétales de coquelicot et poudre de حarqous( pierre noire), toutes choisies et ramenées de chez le plus grand herboriste de Fès. Badiعa sent cette poudre verte malaxée à l’eau de rose. La neقacha (ciseleuse) ou brodeuse de henné est là ; elle s’installe aux pieds de la madone trempée dans son égo. Celle-ci est concentrée. Dès les premiers attouchements, elle ferme les yeux, prête à recevoir le suc de l’amour,la tendresse qui va espérer-ment étancher sa soif et apaiser sa faim. Sa faim et sa soif sont indéterminées. La femme tatouée au


18 Pour les curieux voici deux liens : http://www.zlabia.com/henneetcroyance.htm http://marochenne.blogspot.com/2009/02/la-pratique-du-henne-au-maroc.html 19C’est un groupe de chanteurs et de danseurs mystiques à connaître en suivant ce lien : http://geza.roheim.pagesperso-orange.fr/html/aissaoua.htm



henné est vêtue de sa plus belle tenue aux couleurs vives. C’est le point de mire de l’assemblée. Elle sera invitée à danser et petit à petit l’ambiance l’emporte. Sa folie douce est dissimulée avec des sourires mièvres, puis avec des rires secs, puis la danse au rythme augmentant des tamtams, enveloppe ses tempes qui crissent. Le mouvement de la tête prend de l’ampleur, on dirait un derviche tourneur mal rodé ; son cou penche à droite à gauche, son regard se perd dans l’éther, ses bras s’allongent comme pour chercher un cavalier de ronde qu’elle attire vers elle brusquement. Ses hanches frôlent l’inconnu avec des mouvements saccadés.. Bada voit sortir du corps pris dans des convulsions une lumière blanche puis rouge puis jaune puis verte.. Toutes les couleurs de la tenue ondoyée de la dame qui franchit la montée en spirale avec ses membres désarticulés, se sont cristallisées au plafond, puis doucement et en silence elles prennent leur chemin vers le ciel. Le corps dé-asphyxié par son doux génie va redonner à la femme tombée dans les paumes le goût de se relever et prendre place parmi les autres l’air tout à fait serein. Elle va certainement revivre au calme au sein de sa communauté familière qui ne soupçonne guère ses farouches dépressions, ni son teint assombri, ou n’entend ses cris étouffés, cet entourage qui n’a ni la volonté ni le tact de les prévenir, de les voir ou soupçonner, ni le pouvoir de les guérir.
Ce rituel varie d’un milieu à l’autre. Mama quoique convaincue des bienfaits de cette journée, éloigne de son esprit de telles interprétations accordées aux actes de génies. Elle accorde à cette cérémonie d’autres raisons et effets. C’est pour elle juste une occasion de rassembler les femmes entre elles bach yefouwejou (pour se délasser). Elle ajoute que dans les milieux fassis, ce rituel ne prend pas les dimensions de « l’lila l’gnawiya » (la nuitée des Gnawa), entretenue par des pratiques propres à la magie. Ceci est juste une soirée douce et raffinée, préparée en l’honneur de la femme tatouée sans plus, conclut-t-elle.
Badiعa pourtant ne cesse de fantasmer sur cet évènement qu’elle revit par ouïe dire. Elle les voit, ces femmes aériennes se transformer en youyouye, évoquant pleines incantations, combien de Slàa we Slam عla Rassoule Llahe ! (de Prières sur Dieu et ses prophètes) accompagnent les tombées en transes bénies. Dis-moi, vraiment, toi, tu ne penses pas que c’est la meilleure cure thérapeutique que puisse avoir une femme en besoin de s’éclater, puis s’apaiser, se catharsis-er au lieu d’aller chez un psy ?ou voir une tragédie à l’opéra ?, demande Badiعa les prunelles voilées, son pouls sautillant… Laissons toutes ces croyances à côté, pour moi ce ne sont que des simulations, dit-elle, de bonnes tactiques de femmes en vue de toucher leur être profond. Mais non !, elles y croient ferme, témoigne Mama à présent ébranlée dans ses convictions. La femme de ton


*pétales de coquelicots asséchées et moulues en poudre fine à la base de ce qu’on appelle l’عakar lfassi (le rouge à lèvre fassi dont les femmes s’enduisent les lèvres les joues et tout le corps avant le grand bain, Celles qui veulent avoir les cheveux roux plus qu’acajou en mettent dans la mixture henné mélangée à du safran pur. Le résultat est surprenant


oncle, certifie-t-elle, plus jeune que celui-ci de plus d’une vingtaine d’années, devait user de toute son intelligence et imagination pour susciter cette cérémonie حenna une fois l’an, ya bniyeti !! N’har l’حenna, chi kbiir pour elle, (le jour du henné pour elles est un grand jour), pour d’autres aussi ; j’en connais qui ne peuvent pas s’en passer, sinon elles dépriment vraiment, ou tombent dans les paumes, ou se tapent des crises d’hystérie, c’est vrai !; ne me dis pas que c’est normal, les femmes, chez-nous, doivent savoir se maitriser, ce ne sont que les bédouines lli كayetéحou berرyaح(ont des crises d’épilepsie) accordées à la sorcellerie, s’indigne Mama. Badiعa pense que ces journées, soirées ou lilas sont suscitées par un esprit de réjouissances purement féminines, de telles jubilations sont sublimées dans la mémoire populaire des femmes avides de transes, explique Badiعa. Les hommes bien avisés sur la santé morale et physique de leur conjointe, y adhérent de toute leur sage ardeur, afin de revoir la compagne de leurs nuits follement savoureuses dispose, et voir la mère de leurs enfants se rasséréner, redevenir normale et soumise. Oui, répond Mama, les maris que je connais y consentaient facilement !
Faut contenter Lalla Mira Lagnaouiya*, se rappelle avoir entendu Badai. Elle se remémore bien la jeune femme de son oncle, une femme si menue qui ne mesure pas un mètre cinquante et doit peser un peu plus de cinquante kilos, mère de sept enfants ; elle demandait obligeamment à son mari, prêt à répondre aux fantasmes de sa compagne : elle doit répondre à l’appel de son génie ou plutôt sa djinnya, lui avançait-elle à mon oncle gaga. Elle me souffle à l’oreille, réclamait la belle sœur à Mama, Lalla Mira Lgnawiya, la belle furie visiteuse de la nuit, elle me demande de préparer pour elle une cérémonie, confirmait celle-là à son mari. Lalla Mira me talonne partout, intransigeante, l’entendait-elle lui souffler ; elle est fâchée contre mon indifférence ; elle est en besoin de mes offrandes, annonçait-elle à son mari qui connaissait la chose ; et elle le talonnait à son tour pour lui réapprendre en roucoulant : Ya rajli l’eعeziz (ô mon mari cher), Lalla Mira veut me voir porter une tenue jaune et une autre rouge toutes en perles strass et paillettes garnies de passementerie dorée avec des babouches assorties ! Tu organiseras ta fête dans l’intimité avec tes voisines, tes sœurs, tes cousines..etc, lui recommandait l’homme, non plus intransigeant dans ce cas ultime de courtoisie appliquée exigeant de lui de répondre promptement aux demandes de sa jeune femme bienaimée ; demandes jugées justifiables. Mais ne faites pas trop de tapage, les enfants paniquent, recommandait-t-il. Tu sais qu’elle me gratifie en boursettes de pièces d’argent, ajoutait la femme : je les trouve dissimulées sous les oreillers après la cérémonie, concluait-elle tout miel tout bonbons. Oui, je sais, dénonçait le mari pressé de sortir.
Et les femmes mues par leur ruse ou muses-harpies fidèles, démoniaques et généreuses, s’activent ensemble pour plusieurs jours préliminaires à la cérémonie. Elles doivent organiser, imagine Badiعa, des espèces d’orgies à la gouza seحrawiya (noix de muscade) ou au thé bouilli avec des figues sèches fermentées. Elles aussi se saoulent à leur façon, en l’honneur de Dionysos, certainement ancêtre de Mira et Hammou. Peut être je me trompe ! Elles se grisent avec un pseudo opium puisé dans les épices et les fruits secs hautement gastronomiques des cuisines marocaines à vertu aphrodisiaque.
« Nos mamans, raconte Badiعa, se voyaient et faisaient la fête ensemble. Les derboukas, bendir, tعaرej et tambourins résonnaient dans l'espace... Tu connais, me dit-elle m'entrainant dans les souvenirs de son enfance, ce rythme binaire du petit tambourin double, tapé à quatre coups scandés au moyen de bâtonnets si fins, si résonnants dans les oreilles exaltées par ces mots : à Lalla nous allons sortir de bonne heure et nous renverserons le monde ! Donnez nous la pluie a « ssoppeça » ! (ce dernier mot signifie la « dévergondée » ou ces filles de joie, et ma foi je ne sais pas pourquoi il est employé dans une chanson au nom du prophète, peut être j’entendais mal). Que le vent de l'est nous renverse, nous l'avons fait de nos mains ! J’irais chez le menuisier, qu’il me confectionne une table ronde et j'appellerai toutes les femmes du canton, « à ssoppeça » ! (quel refrain !) à llala nous amènerons le caroube et le miel, et nous irons au pique nique ! bimakkata( à la Mecque) ya rebbi, nous vous demandons de réaliser nos vœux ! la ilaha ila llah (n’est Dieu que Dieu) Mohammed le prophète de Dieu ! Et voila le mizmar( une fine trompette) amené(e) par ma satanée tante Hحabiba, un phénomène celle-ci ! Les youyyouyouyes éclatent, et les femmes en transe font éclater leurs tambourins. C'était magnifique les après-midi soirées auxquelles les hommes ne participaient pas !
« Yaعtehoum Bla, (que Dieu les damne) certains hommes d'aujourd’hui, ils étouffent en nous ttout, même la joie de montrer notre dentition, me dit ma voisine en râlant.( vous savez qui raconte). On étouffe, on psycho-somatise, on se retient dans nos corps comprimés, compressés… Ecoute encore ces paroles : joue al fassia lh’wawiya, à lalla Malika srira we drifa we eحsbiya moulate leحnani w lقalb l’hani, (joue à Malika joue a Malika la jeune frivole, la douce au cœur insouciant et aux mains tatouées de henné), hahiya kat’dour bحnani’ha kat’dour, (la voilà tourner avec son henné tourner) ! Joue à lalla joue alalla, lustre tu es, tu es ma joie mon bonheur, joue ana bla bik (sans toi) qui suis-je… et les tambourins trinité scandent l’hwa عla Mohammed rassoul llah à rassi (ô ma tête) ! Je vais mourir pour toi et ajri عla rebbi (ma récompense est divine) !
Je ne comprends pas comment on mélange le nom de Dieu et du prophète avec l'amour, la passion, comme si Dieu et son prophète favorisaient les beaux rapports entre l’homme et la femme, cette femme de jadis, enfermée dans son cocon de soie hwawiya (fille de joie), dans son caftan kamouni (vert-cumin), avec ses yeux qui heblouni (me rendent fou)..on chante bien pour invoquer Dieu ; ajri عla rebbi (ma récompense est divine), ramène-moi le plateau, car sans toi, à côté de moi, je ne vaux rien ! Tu auras tout mon amour, ma joie, le palmier danse, mon cerveau se perd, je vais mourir pour toi… et les mouwals, chants infinis envoyés à la reine des cœurs sucrés, touchent le roi des passions endormies. N'est-ce pas très beau ces chants de l'enfance, de l'adolescence de nos mama rassemblées, vivant leur bonheur d'être adorées, cajolées tous les jours et toutes les nuits… avec ça tous les chagrins disparaissent forcément !
L’euphorie est de règle recherchée dans toute sa dimension socioculturelle et spirituelle dans ces enceintes exclusivement féminines. Journée Aphrodisiaque et Thérapeutique ! Quand je pense à une amie doctoresse d’Etat en neurobiologie, signale Badiعa, mariée en France où elle a eu ses enfants, renonçant à sa carrière qui s’annonçait lumineuse, acculée, après combien d’affres « dans ce pays d’lrorba (d’exil) dont elle se plaint, à rendre visite au psy, deux fois par semaine, j’ai les larmes aux yeux. Comment notre génération de soi-disant cultivées, émancipées, a-t-elle échue, encline à se farcir d’anxiolytiques, comme cela est devenu de coutume pour pas mal de mes collègues, aussi confinées à assumer leur émancipation moderne, se demande Badiعa jamais guérie, me ré-confie-t-elle, de sa dépression à elle, diagnostiquée par un curieux psy de chez-nous.. Plusieurs de mes collègues, m’apprend Badiعa, se vantaient chaque matin du nombre de comprimés absorbés pour nourrir leur dopage quotidien. Combien de femmes consacrées à la vie active sont prises entre les griffes d’une société masculine, intellectuellement machiste, impitoyable, esclavagiste sans en avoir l’air, considérant la femme modernisée d’une nature robotisée ou une poule acuminée. Comment cette femme dont on exige le même rendement que l’homme, dans ces institutions administratives de fonction publique et privée, peuvent-elles concilier entre leurs besognes ménagères et leur métier, quand les aides à la vie de famille sont absentes, sinon problématiques ? 

samedi 5 janvier 2013

La langue Mama ou le retour à la source: Une relation extra-maternelle

La langue Mama ou le retour à la source: Une relation extra-maternelle: Une relation extra-maternelle Entre ر Afé ق a crachant ses multiples torsions et Mama frisant ses multiples frictions, Badi ع a prolonge...

Le diminutif


Fes le 02/11/20.. à 18 :44 Des nouvelles de ces recettes Azriwi de Mama
Mama et Badiعa regardent la télévision. Chmissa (qui veut dire « Soleil ») présente son émission culinaire. Celle-ci, comme à son habitude, minimise la conception de la recette du jour, si compliquée selon certains, en "petites choses", on croirait insignifiantes : radi n’dirرou "*chi حwiyejaت" d’yalena ! avance-t-elle nonchalamment. (On fera des p’tites choses à nous) حwiyejaت est diminutif de حajaت.... Chez-nous, au fait, plusieurs termes tendent vers le diminutif, remarque Badiعa, mais ils n’ont pas le sens péjoratif comme chez les français. Vous n’avez qu’à faire plus attention autour de vous : mra est souvent appelée mriwa à titre d’exemple ! Mra, c’est une femme au sens complet du mot. Mriwa change de sens suivant les situations ; c’est toute une notion de la femme au sein de la famille ou de la société qui rentre dans le jeu connotatif pour désigner une femme. Le mot mriwa, p’tite femme, est souvent accompagné d’adjectifs qualificatifs comme zouina jolie ou driyefa gentille ouu mriiiwa hadi عafrرiiiتa (petite femme est celle-ci, une vraie démone), au sens de capable ; c’est le sens petit mélioratif de « petite femme » qui peut signifier entre autres la douceur, la gentillesse, ou beaucoup plus que ne peut faire une femme ordinaire selon la conception commune de toute une société. J’ai l’impression que la mesure de reconnaissance des capacités d’une femme dans notre milieu social est forcément minimisée à travers les usages de langage, aussi bien chez l’homme que chez la femme. En d’autres lieux mriwa prend le sens de femmelette, attribué à un homme ou efféminé ou reconnu pour être faiblard et lâche.

Les exemples chez-nous des diminutifs adoptés tels des tics de langage courant sont multiples ; ainsi makla devient mwikla. Makla repas au sens plein, mwikla en tant que p’tit repas au sens souvent raffiné, affectif, celui qui répond aux goûts habituels au palais qui les apprécie depuis l’enfance. J’ajouterai un autre exemple, celui de tajine qui se réduit en twijène. Tajine en tant que plat vulgaire, je dirais par rapport au twijène, plat raffiné ; cela dépend de la personne qui l’évoque ou le désire, elle dira je veux twijène d’llefت, viande aux navets, c’est plutôt affectif, ou je veux tajine d’elberقouق, viande aux prunes, celui-ci est un plat classique de fête.  Pour place/ blaça, on dit souvent bliyeça c'est-à-dire placette qui vient de place et qui connote souvent la grandeur, on dit bliiiyeça hadi en appuyant sur le i dans le sens de l’admiration et l‘envie. Vous pouvez deviner autant de substantifs réduits et leur trouver les significations que vous voulez, la liste est longue et les interprétations sont variées. Comme si on voulait par cet emploi dans certains cas de diminutifs, éviter la matraque du mot pris dans sa globalité, dans son sens plein. Alors on pratique l’euphémisme pour adoucir tout effet susceptible de soulever chez son interlocuteur ou son public une réaction indésirable. C’est le cas de Chmissa. Celle-ci a simplement l’intention d’atténuer la facture des ingrédients. Comme si tous les marocains qui la regardent assidument chaque jour à la même heure, pouvaient se procurer tout ce qu’elle cite et utilise pour ses recettes

vendredi 7 décembre 2012

La langue Mama ou le retour à la source: histoire des arts: La complainte du progrès — Bori...

La langue Mama ou le retour à la source: histoire des arts: La complainte du progrès — Bori...: histoire des arts: La complainte du progrès — Boris Vian : Contexte historique : Composée en 1956, « La complainte du Progrès » est une cr...

La Complainte des Bonnes



Badiعa se rappelle toutes ces discussions de femmes dont le sujet principal évoque les méfaits des Bonnes. En quelque sorte oui ! Qu’est ce qui les pousse à quitter leur terroir et venir travailler chez des gens en ville ? Si on pouvait recenser toutes les invectives à l’égard des Bonnes, la liste serait interminable, toutefois j’en ai retenu le comble à mon sens, écoutez : On leur accorde des stages de bonne domesticité payants, avance la femme au foyer..On les entretient à part entière, soutient la femme hors cadre.. Y compris leurs parents, renforce la femme d’intérieur.. On supporte leur ignorance, se plaint l’enseignante.. Leur casse, ajoute l’avocate.. Leurs saletés, s’en dégoûte la laborantine.. Leurs poux, s’écœure l’esthéticienne.. Leurs fourberies, dénonce la femme d’affaires.. et leurs mensonges, ajoute la commerçante.. Tout ce qu’elles nous dérobent et donnent à leurs proches, se plaint l’ingénieur d’état.. Il faudrait prévoir des écoles de Bonnes dans notre pays, propose la sociologue.. Les éduquer en matière de civilités, adjoint la députée.. Leur apprendre le minimum de propreté à entretenir dans nos maisons, se contente de dire la femme médecin.. Et ces cuisines qu’elles rendent ordurières, s’empresse de souligner madame X.. Si la maîtresse de maison les laisse faire à leur guise, c’est la débâcle, argue la maîtresse conférence.. Elles encrassent le sol avec leurs pieds mouillés d’eau utilisé à tort et à travers, vous verrez seau serpillière balais torchons bassine et tous les détergents éclaboussés, s’indigne l’agronome.. Tout le lot stock du mois payé, surpayé en dégâts impayés du mal employé, évalue la chef d’entreprise.. Tout ce qu’elles rencontrent sur leur chemin est saccagé sans scrupules, remarque l’employée de banque.. Ce n’est jamais eux qui perdent, ajoute Mama.. Que d’éclaboussures infectes, de résidus dans les placards rendus débarras fouillés à profanation, blâme L.. Et combien de débris de casse et d’ordures traînant un peu partout, dissimulés dans les coins, sous les tables tapis ya mémeti ! se rappelle Badiعa.. Oui sans scrupules et le maître désordre continue, car elles ont l’art de chambouler l’ordre dans les placards de rangements, les armoires, les tiroirs tout est fouiné, chiffonné. Et combien de temps il faut consacrer à chacune, se plaignent les soi-disant maîtresses de foyer violés.. À supposer qu’elles aient déjà travaillé chez d’autres familles, cela revient au même car il faut en permanence veiller à leur inculquer le minimum utile de ménage conforme à vos normes, et qu’elles réalisent à peine, combien molles et insensibles à vos remarques…
Oui moi aussi je connais la chanson..le va et vient, le bavardage continu et l’eau gaspillée..  Elles oublient toutes les pratiques élémentaires, les plus évidentes comme bien laver la vaisselle qui ne passe pas en machine, ou passer une serpillière propre sur le sol, ou juste un balai comme il faut. Car elles te bousilleront vite l’aspirateur et autres appareils électroménagers, le fameux un-deux-trois, le grille-pain, le four électrique multi usage, le lave-linge.. Oui, comme leurs doigts les démangent sidi yeعefou (Dieu épargne-nous), elles n’hésitent nullement à vouloir faire fonctionner ces appareils, sans demander ni permission ni explication ! Et voilà que ça craque, tout le système s’altère, le matériel saboté tombe en panne.. Et tu oublies tous les évacue eau obstrués ? Non ! Ce n’est pas la peine d’avoir recours à nos soi-disant ouvriers ou techniciens pour la réparation de quoi que ce soit, ce ne sera pas fait tout simplement ; c’est de l’argent gaspillé pour rien, faut tout renouveler.. Et si vous avez le malheur de leur apprendre à utiliser le fer à repasser à vapeur, elles cassent la fermeture de l’entonnoir qui reçoit l’eau, c’est le court-circuit provoqué par le contact eau électricité ! Et après !? Un service thé nappe ou drap brûlés et prises d’alimentation grillées.. On les supplie de faire briller une vitre, ce sont les murs qui en pâtissent, car elles montent sur les rampes des fenêtres en posant leurs sales pattes sur les sofas des salons, plaquent leurs paumes sales sur toutes les surfaces à côté.. et voilà la maîtresse propreté régner dans les lieux assujettis à celles qui viennent directement des campagnes, cuirassées, pour « faites-vous servir-mesdames et messieurs »..
 Si vous n’avez pas les yeux d’Argus, si vous ne vous trouvez pas à la maison, vive le sabotage et la triche, si vous faites des remarques, elles rechignent et menacent de partir, le travail ne manque pas, clament-elles victorieuses et cyniques. Il faut les laisser faire ce qu’elles veulent. Laisse-moi faire cherli (mon travail), m’ont dit plusieurs d’entres les malheureuses ou futées que j’ai amenées ! 
Laissez-les se distraire dans leurs besognes bâclées, fermez les yeux et les oreilles. Elles sont si distraites surtout lorsqu’elles sont absorbées par leur musique Chiخates chaعbi (pop folklorique) à forte tonalité, vous rendant la cuisine insupportable. Ajouté à cela les odeurs nauséabondes que dégagent leurs sueurs malgré tous les déodorants et les bains-douche qu’on leur achète. Elles vivent gratis à tout temps, pleines, adjoint Mama au lot..Pour un travail minable de quelques petites heures durant une longue journée qu’elles partagent entre dodo-sieste après de somptueux repas, prises de dégustation pour plus d’une heure à chaque repas digéré en chantonnant des airs raye ou Najat Tabou ya lalla ! Et lorsqu’elles vous dandinent leurs fesses rebondies dans les divers endroits de la maison, quand elles ne passent pas des heures interminables à regarder la Tv Douzime qui présente des séries feuilleton en continu et qu’elles ont la rage de suivre, interrompant toutes tâches au nez des invités présents… Faut leur prévoir radio-casette ou cd et tv à la cuisine wzid wzid et encore plus… 
Alors viens-toi maîtresse de foyer qui travaille dehors, écrase ta rage pour ne pas faire des remarques qui les désabuseraient, on est au temps des « حhouقouقs l’iأnesane » les Droits de l’Homme.. Faut pas gueuler, sinon au secours services Bonijustice : entre nous le Tribunal ! Viens-toi Maîtresse à la santé et temps envolés, prépare les plateaux repas express steak frites, salade verte fruitée, riz pilaf pour toute la famille Bonifiée. Les séries Tv leur font craquer les synapses à ces jeunes filles sentant le mariage en l’air, diffusé par les films mexicains et turcs, doublement enchanteurs. 
C’est ça ?! les Bonnes que vous voulez, s’exclame Badiعa, a wili weحdi waعedi, oh my Godo o ma poisse ! Je te jure ce sont là les phrases litanie d’un tas de femmes rencontrées.. et celles de mes collègues libérées de la classe se reposant dans la salle des professeurs à la récréation des élèves, si elles ne se passent pas des petits papiers noircis par les nouvelles recettes de Chmissa, elles tracent leur cercle autour du chrale (des besognes domestiques).. Et les litanies Bonnes présentes, Bonnes absentes, tarifiées, continuent…Ah les damnées de la Une du sacré journal des femmes urbaines..et celles à urbaniser… Et celles des quaydat (cheftaines) des associations bénévoles, tu les oublies ? Je ne fais que rapporter, c’est notre « *Complainte du progrès » pour rejoindre celle de *Boris Vian des années 50.

Un métier humanitaire
« C'est un vrai bonheur de pouvoir améliorer la qualité de vie des gens, j'aurais dû choisir le métier d'assistante de vie aux familles, bien plus tôt », s'exclame Anyvonne Poulailleau 54 ans.. Je tombe sur cet article par hasard de cette femme qui a enfin découvert sa vocation après deux ans, suite à un licenciement économique.. L'usine de confection qui l'employait depuis 34 ans met alors en place une cellule de reclassement qui lui offre l'opportunité de mener une Évaluation en Milieu de Travail EMT qu'elle effectue en maison de retraite.. Un projet qui correspond à son désir de s'investir dans l'aide aux personnes et qui la pousse ensuite à suivre une formation au titre professionnel d'Assistante de vie aux familles ADVF. Pendant six mois elle acquiert les connaissances et les gestes techniques propres à son nouveau métier qu'elle met en pratique lors de trois stages à l'issue desquels elle est embauchée par l'ADMR association d'aide à domicile en milieu rural. Elle affirme que c’est un métier de contact, ce qu’elle fait présentement.. chaque mois elle s'occupe de 20 à 25 foyers pour un total de plus de 140 heures et un salaire avoisinant le SMIC.. Ce qui plaît à Anyvonne c'est qu'elle apporte une aide aussi bien à des personnes âgées qu'à des familles pour s'occuper des enfants, un service plus récemment développé par l'ADMR.. Dans ma précédente activité, déclare-t-elle, on fonctionnait au rendement, il n'y avait aucune humanité, aujourd'hui je me sens utile et reconnue dans mon travail, c'est un métier où on vous dit tout le temps merci, raconte Anyvonne.. Une motivation à toute épreuve qui lui fait oublier la fatigue..  « Avant, quand je faisais le ménage chez moi, témoigne-t-elle, j'étais épuisée au bout de deux heures, maintenant que je le fais pour d'autres je peux enchaîner cinq heures d'entretien sans problème car ça me fait plaisir d'aider les gens.. »
Eh oui ! c’est ça qui manque chez-nous dire Merci !...car on ne pense qu’à l’argent déboursé et jamais aux efforts accomplis d’une part et de l’autre, c’est rarement qu’on fait son boulot avec plaisir adjoint à la compétence…, constate Badiعa désengagée de la quête des Bonnes.
Anyvonne, ne veut pas s’arrêter à ce niveau et voit d’autres possibilités d’évoluer dans son métier, lit-elle avec attention….
 Oui, aide à domicile de vie familiale !  ADVF c’est tout un art, une technique, de la théorie, et de la pratique.. beaucoup de savoir-faire, de l’expérience en ménage.. C’est toute une éducation, un enseignement….c’est un métier toute beauté qui demande beaucoup de forces, de patience et d’amour du prochain.
C’est époustouflant si on arrivait à ce stade de développement dans le cadre d’Assistante De Vie de Famille sans faire appel à ces Philippi- niaises, Malaisie-nases, ou autres bufflesses qu’on paie à la peau de fesse, on ne traiterait plus nos domestiques comme des bêtes et elles seraient rémunérées en fonction de leurs performances et compétences.. Mais comment y arriver ? Un vrai périple comme toute autre possibilité d’évoluer dans nos pays où le vent de la Révolution souffle enfin…

histoire des arts: La complainte du progrès — Boris Vian

histoire des arts: La complainte du progrès — Boris Vian: Contexte historique : Composée en 1956, « La complainte du Progrès » est une critique très drôle de la société de consommation et ses

...http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=FmnR15HAerY#!

 http://hda.nikkojazz.fr/2012/02/la-complainte-du-progres-boris-vian.html